[Traduit de l’anglais]
Il y a dix ans, j’ai assumé un poste de direction chez les médecins au sein de mon autorité sanitaire, ce qui m’a donné un aperçu du fonctionnement de ses hôpitaux.
Au cours d’une réunion particulière qui est restée gravée dans ma mémoire, le chef du département de la médecine secouait la tête avec incrédulité à devoir énoncer l’évidence : « Pourquoi est-ce que chaque année, tout comme la neige en hiver, nous savons que la grippe arrive, et pourtant chaque année la grippe nous surprend ? »
La salle est devenue silencieuse.
C’est une chose de ne pas être préparé pour l’inattendu. C’en est une autre d’être non préparé pour le tout prévisible.
Et voilà, on y est encore. Le mois de décembre est arrivé et les responsables de la santé de la Colombie-Britannique sont sur le point d’être surpris·es, une fois de plus, par la saison de la grippe.
Cette fois-ci, les responsables de la santé publique de la Colombie-Britannique ont ignoré les avertissements urgents de leur propre experte, la Dre Danuta Skowronski, épidémiologiste en chef de la grippe du BC Centre for Disease Control (BCCDC). En avril, son équipe avait déjà soulevé des préoccupations au sujet de la grippe A (H3N2) circulante au Canada qui aurait acquis de nouvelles mutations à mesure que notre saison grippale progressait. Elle a alors anticipé que ces mutations entraîneraient un mauvais appariement du vaccin contre la grippe de la saison à venir, donc moins efficace pour prévenir les visites médicales liées à la grippe.
