[Traduit de l’anglais]
En tant que virologue, je passe mes journées à réfléchir aux moyens de détecter les éclosions de coronavirus, de virus mpox, de virus du Nil occidental et d’autres agents pathogènes suffisamment tôt pour les enrayer. Actuellement, je suis préoccupé par la terrible saison de la grippe au Canada et par le fait que nous avons récemment perdu notre statut d’élimination de la rougeole. Mais surtout, je suis terrifié par ce qui se passe au sud de la frontière.
Les conséquences des coupes de l’administration Trump aux CDC et au NIH s’étendront bien au-delà des États-Unis. Ces agences constituent l’épine dorsale de la surveillance des maladies infectieuses en Amérique du Nord. Elles suivent les variants, surveillent la propagation transfrontalière et fournissent des données aux systèmes mondiaux coordonnés par l’Organisation mondiale de la santé, aidant tou·te·s sur terre à se préparer. Lorsque ces programmes sont démantelés, le Canada perdra des signaux d’alerte essentiels concernant la grippe, le VRS, la rougeole et toutes les autres maladies à venir.
C’est un tableau sombre : nous détecterons et répondrons aux épidémies dévastatrices plus lentement que nous le devrions. Les salles d’urgence du Canada, qui sont surpeuplées de façon intense, seront les premières à subir ce retard, ce qui prolongera encore davantage les délais d’attente. (L’été dernier, les plus courts étaient à Terre-Neuve-et-Labrador, soit environ trois heures). La capacité de recherche du pays va s’éroder, car les données de surveillance sont ce que nous utilisons pour détecter de nouveaux virus inconnus et élaborer des politiques de santé publique. Alors que les États-Unis deviennent un coéquipier moins fiable dans la collecte de données, nous devrions renforcer nos propres méthodes indépendantes. Le moyen le plus rapide, le moins cher et le plus efficace d’y parvenir est de surveiller les eaux usées.
