[Traduit de l’anglais]
Une nouvelle étude révèle que la fumée suffocante provenant des feux de forêt est beaucoup plus dangereuse qu’on ne le pensait auparavant. Le nombre de décès dus à une exposition de courte durée aux particules fines est sous-estimé de 93 %.
Des chercheurs·euses ont constaté qu’entre 2004 et 2022, 535 personnes en Europe sont décédées en moyenne chaque année des suites de l’inhalation de minuscules particules toxiques appelées PM2,5, libérées lors des feux de forêt.
Avec les méthodes standards, qui supposent que les PM2,5 émises par les feux de forêt sont aussi mortelles que celles provenant d’autres sources, comme la circulation, ils n’auraient anticipé que 38 décès par an.
L’étude arrive alors que les incendies de forêt ravagent le sud de l’Europe, et de nouvelles données des surveillants d’incendie de l’UE montrent que 895 000 hectares (2,2 millions d’acres) ont brûlé jusqu’à présent en 2025, battant ainsi des records pour cette période de l’année. Ils ont pompé plus de deux fois la quantité de PM2,5 que les incendies de forêt ont générée en moyenne à ce point au cours des deux dernières décennies.
« Auparavant, on supposait la même toxicité pour les particules des feux de forêt et pour toutes les particules », a déclaré la professeure Cathryn Tonne, épidémiologiste environnementale à l’Institut de santé mondiale de Barcelone (ISGlobal) et coauteure de l’étude.
« Notre article démontre que, bien que cela arrive moins souvent, l’impact sur la santé pour la même quantité de particules est plus fort pour les particules des feux de forêt », a-t-elle ajouté.
L’air pollué est l’une des plus grandes menaces pour la santé humaine, et les recherches suggèrent que les feux de forêt contribuent de manière significative au lourd bilan mortel. En décembre, une étude a attribué 1,53 million de décès dans le monde chaque année à l’exposition à court terme et à long terme à la pollution atmosphérique causée par les feux de forêt.