Ma fille vit avec la COVID longue depuis pratiquement deux ans. Elle souffre jour après jour, sans accès à un traitement adapté. Elle endure une fatigue écrasante, un brouillard cérébral, une insomnie grave, une névralgie du nerf trijumeau et un trouble du système nerveux autonome où son cœur s’accélère anormalement quand elle se met debout, causant étourdissements, fatigue intense et malaises. Elle passe près de 20 heures par jour au lit. Son mari a dû cesser de travailler pour s’occuper d’elle et de leurs deux enfants. Je ne peux pas rester immobile à la regarder souffrir.
Ce n’est pas un cas isolé : ces souffrances, parfois présentes depuis six ans, sont encore ignorées par notre système de santé, alors même que l’existence de la COVID longue est solidement établie par la science.
Les données sont pourtant sans équivoque :
- en 2023, 2,1 millions d’adultes au Canada vivaient encore avec des symptômes persistants (ASPC et SC) ;
- chez les travailleurs de la santé, 6 % présentaient encore des symptômes à l’été 2023, soit environ 24 000 personnes au Québec (INSPQ, 2023) ;
- 6 millions d’enfants aux États-Unis seraient atteints de COVID longue, et la chercheuse Malgorzata Gasperowicz estime qu’environ 584 000 enfants et adolescents pourraient être touchés au Canada (Gross et al., 2025 ; M. Gasperowicz).
La COVID longue est une onde de choc silencieuse qui traverse le Québec. Elle frappe nos familles, nos écoles, nos hôpitaux et notre économie. Les cliniques spécialisées ont été fermées ou réduites, et les 20,5 millions annoncés en 2022, initialement destinés à la recherche, ont été entièrement réaffectés. Depuis, aucun nouveau financement n’a été accordé pour développer des traitements.
